
Après la scission du groupe pour une sombre histoire de doigt perdu dans une bière il y a 10 ans, les Zumbies se sont reformés pour une nouvelle aventure bien rock : LES QUATRE RELIQUES DU ROCK’N’ROLL, de Julien Solé et Arnaud Le Gouëfflec. Vous pourrez retrouver les premières planches de cette nouvelle aventure dans le HS Sexe, Drogue(rie) et Rock’n’Roll (en kiosque le 26/03). Mais en attendant, Arnaud Le Gouëfflec ouvre les portes de son studio d’enregistrement pour tout nous dire sur l’origine d’un autre projet des Zumbies complètement dingue : produire un vinyle du groupe via une campagne de crowdfunding sur Ulule !

Fluide Glacial : Bonjour, Arnaud. En plus de l’album BD prévu pour juillet, nous avons entendu dire que vous avez poussé le vice à faire un disque 45 tours pour accompagner le lancement de la BD. Peux-tu
nous en dire plus ?
Arnaud Le Gouëfflec : C’est une folie qu’on avait dans la tête depuis longtemps. Julien, le dessinateur, en est à l’origine et il m’a contaminé ensuite assez vite. On voulait que le lecteur ne se contente pas juste de lire les aventures du groupe The Zumbies, de les voir sur le papier, mais qu’il pouvait avoir envie de les écouter, ce qui paraît naturel ! C’est vraiment un groupe de rock zombie, on a envie d’entendre ce qu’ils font. Et plutôt que de rêver de ça, on s’est dit que le mieux, c’était de le concrétiser et l’enregistrer en vrai.
Fluide Glacial : Le processus est en cours. Là, vous allez bientôt enregistrer, vous allez tous vous réunir pour enregistrer ce 45 tours ?
Arnaud Le Gouëfflec : Oui, c’est imminent. On se réunit deux jours dans le Studio Rouge de la Carène et on enregistre. Tout le monde est dans les starting-blocks. On va documenter ça aussi pour nourrir la campagne Ulule, montrer un peu ce qu’on fait, faire de petites vidéos, des choses comme ça.
Fluide Glacial : Tu nous en dis un peu plus pour nos lecteurs, sur la campagne ?
Arnaud Le Gouëfflec : Oui, ce sera fait en étroite relation avec Fluide. L’idée est de donner vie à l’album et de rendre encore plus réel nos Zumbies. Mais c’est un pari risqué, donc l’intérêt de cette campagne est de mobiliser le maximum de monde pour cet objet qui devrait être tiré à 500 ou 1 000 exemplaires en fonction du succès de la campagne. Il sera donc très rare et plutôt exceptionnel. Et puis, l’association avec la création de la BD, ça entre dans un processus complètement inédit !
Fluide Glacial : Nous avons écouté les maquettes des deux titres. On entend très vite que ça n’est pas un coup d’essai et que t’as déjà un sacré bagage.
Arnaud Le Gouëfflec : J’ai commencé à faire de la musique dans les années 1990. J’ai commencé avec un premier groupe qui s’appelait Le Petit Fossoyeur, avec lequel on a beaucoup tourné en Bretagne notamment… Ensuite, j’ai eu d’autres groupes, travaillé en solo et j’ai dû enregistrer pas loin d’une trentaine de disques quand même. Ça commence à faire beaucoup, mais plus dans un registre chanson ou musique expérimentale. J’ai également fait deux albums de rock garage avec monsieur Jorge Bernstein qui est aussi scénariste chez Fluide, que vous connaissez sans doute, et son groupe les Piou Piou Fuckers.
Fluide Glacial : Pour ce nouvel album, Les 4 Reliques du Rock’n’Roll, mais aussi ce vinyle, quelles ont été tes références ?
Arnaud Le Gouëfflec : Le projet est ancré dans un certain rock’n’roll très proche de la musique des Cramp’s. Ce groupe était une porte d’entrée sur un rock américain des années 1950-60 qui était sale, méchant et tout à fait
zombie compatible. Ils ont redécouvert tout ce pan de la sous-culture américaine rock’n’roll et l’ont restitué, réinterprété à leur manière au début des années 1980. Il y a cet esprit-là dans The Zumbies et on ne s’est pas privés non plus de faire des petites références subliminales à cette culture. Bien sûr, on peut lire la BD sans connaître ces références, mais ceux qui les connaissent seront ravis des clins d’oeil !

1) L’ÉCRITURE ET LA COMPOSITION
« L’idée était de faire un 45 tours, et donc, il fallait écrire et composer deux chansons, une pour la face A et l’autre pour la face B. La face A est plutôt rock’n’roll : un morceau garage, punk/garage, un peu sixties dans l’esprit. Et puis, sur la face B, je suis parti sur quelque chose de beaucoup plus marécageux, un peu genre bayou, les serpents, la sorcellerie, tout ce qui fait tellement plaisir dans la vie. Je les ai écrits et composés, puis maquettés ici dans mon petit studio personnel. J’écris et je compose en même temps afin d’avoir une démo (une sorte de rough en BD), pour ensuite l’envoyer aux musiciens qui ensuite vont transformer l’essai. C’est un peu comme un scénario, si vous voulez. On envoie quelque chose et ensuite, on voit ce qui se passe. Souvent, le dessinateur, quand on envoie un scénario, se l’approprie et ensuite, il lui fait subir toutes sortes de choses. Là, ce sera pareil, c’est-à-dire qu’on va voir ce qui va se passer en studio et ça va sans doute bouger beaucoup. »

2) LE MERCATO DES ARTISTES
« La maquette réalisée, il faut maintenant composer le groupe avec un casting sur mesure de musiciens qui pourraient faire un disque comme les Zumbies. À la basse, il y a Julien Solé, qui, dans une ancienne vie, a joué dans pas mal de groupes. Il a même fait des reprises des Cramp’ quand il était jeune ! Il a donc le profil parfait pour incarner Dee-Dee. À la guitare, dans le rôle de Johnny, nous avons Vincent Solé, le frère de Julien, et avec qui il a beaucoup joué dans le passé. Comme on enregistre ici à Brest où on a nos repères, j’ai contacté Titou, un batteur de rock’n’roll/garage, pour être l’alter-ego de Hank. Il joue dans un groupe qui s’appelle Coupe Coupe, ici, à Brest, qui fait une sorte de punk/zouk, donc c’est parfait. Enfin, j’ai proposé à une chanteuse, Marion Gwen, de chanter et de jouer le rôle de Deborah. C’est une chanteuse assez punk dans l’esprit, mais en plus, elle est comédienne : elle était tout indiquée pour ce casting. »
3) L’ENREGISTREMENT
« Tout a été enregistré dans une salle qui s’appelle la Carène, à Brest, qui est la salle de musiques actuelles de Brest et qui a des studios d’enregistrement. L’album est enregistré par Ben, à la console, qui travaille à la Carène. Ensuite, ce sera Arthur qui va nous mixer tout ça dans la foulée (car au moment de l’écriture de ces lignes, l’enregistrement est en cours). » Viennent ensuite le pressage du vinyle et la réalisation de la couverture à partir de dessins de Julien. Mais surtout, il reste désormais l’étape la plus importante : l’écoute attentive des lecteurs de Fluide qui se seront procuré le vinyle et les pogos qui vont de pair. Et qui sait, il s’agit peut-être là des prémices d’un nouveau groupe qu’on retrouvera un jour au Hellfest ; ça pourrait avoir de la gueule, non ?

POUR SOUTENIR LA CAMPAGNE C'EST PAR ICI : https://fr.ulule.com/les-quatre-reliques-du-rock-n-roll-le-vinyle/




