C’est l’histoire d’un auteur qui nous offre, depuis des décennies, un paquet d’idées inventives et dingues. Comme il est généreux et pense d’abord aux lecteurs, il a tendance à enrichir et à densifier ses dessins quand nous, à la rédac’, nous chipotons pour que ça respire plus. Il y a quelques jours, cet artiste, que nous ne citerons pas par respect pour lui, arrive avec une illustration remplie de crocodiles. La jungle est très présente avec 5-6 crocos au moins. Nous pensons alors qu’avec moins de décor, le gag sera plus lisible. Sympa et à l’écoute, il allège, réduit et soumet une version bien plus light et un seul bestiau. Puis il propose finalement une version alternative et un nombre incalculable de crocodiles, persuadé qu’on la retoquera. Mais les reptiles créent un point de convergence vers la barque, le gag devient évident, la composition s’impose. Notre anonyme préféré transforme encore l’excès en évidence. Qu’il est agréable d’avoir tort quand on nous le prouve avec autant de beauté.