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Chez les auteurs, Dédicaces, Indispensables
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Bruno Leandri
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ILS ONT FAILLI ME TUER

de notre envoyé spécial à Calvi

J’ai passé une semaine dans une espèce de sorte de genre de festival, en Corse. Comme je suis d’habitude toujours critique déçu râleur dans ce genre de choses, et que là, j’ai passé une semaine sur un nuage (c’est le cas de le dire) de surprises et d’enthousiasme, entouré de cinglés jubilatoires, c’est si rare que je me suis dit « il faut que je leur raconte. »

Ça s’appelle Festiventu, à Calvi, ça existe depuis un bail mais je connaissais pas, à moi, on me dit rien. Quand Tignous et Thiriet m’en ont parlé les premiers, j’ai pas très bien compris de quoi il s’agissait, sinon qu’ils faisaient une espèce de journal du festival, d’habitude principalement rempli par des dessineux invités, et qu’ils auraient bien aimé pour une fois quelques textes rigolos. Comme c’était dans le lointain pays de mes ancêtres, j’ai dit OK on verra sur place. A la fin du truc, j’avais toujours pas compris de quoi il s’agissait comme manifestation, sinon que c’était le plus étonnant festival que j’avais jamais traversé ces dernières années. La science et la technique, entre l’art et la musique, entourés de tout ce qui vole et flotte et rigole, toutes mes marottes y étaient réunies.
En fait, il s’agit d’un festival centré sur l’écologie, pas seulement les gens qui en parlent, mais les gens qui la font, qui la cherchent. Tous les inventeurs fous du recyclage, les artistes de la récup’, les pionniers du durable, des assos-qui-n’en-veulent et qui appliquent sur les terrains poussiéreux et difficiles ce que d’autres commentent de loin. Au milieu de rares mais inévitables cucuteries-la-praline, on trouve de véritables traits de génie, sans oublier des conférences très sérieuses sur l’eau, l’air et la politique, avec des gens qu’on voit rarement à la télé, et quelques stars comme cerises, mais j’ai pas eu le temps d’y aller.
Et autour de ça, des spectacles et de la musique sur des dizaines de scènes, tous plus émulsifiants les uns que les autres. Et autour de ça, des manifestations artistico-brindezingues, sculptures, installations, défilés, performances, class et originales, dont aucune ne m’a laissé indifférent. Et autour de ça, tout ce qui joue avec le vent, voiliers, aérogyres, parapentes, ballons, cerfs-volants.
Et dans un coin de tout ça, une salle de rédaction-foyer-open bar, où la tradition veut qu’autour des branques censés fabriquer le journal rigolo du lendemain (Tignous, Thiriet, Margerin, Lasserpe, Bauer, Raskal, Fraize, Gabba et Cat), un défilé permanent de visiteurs vienne nous agrémenter de ses spectacles, musiques, discours, engueulades, flatteries, délires divers, jusqu’à l’aube.
Le bonheur.



Le voilier du WWF (envahi par les Mirettes, voir plus loin). On s’y retrouve tous pour faire un roman-photo improvisé.


Le capitaine du bateau nous souhaite la bienvenue.


Quelques acteurs du roman photo : de gauche à droite, Gabba le metteur-en-page bolchevique, Margerin et Bauer.

Préférant tchatcher avec les invités, le capitaine me laisse à la barre, que je tiens d’une main ferme, fier comme un acarien.

On croise un bateau de guerre ricain qui vient échanger des GI’s contre des légionnaires.




Tous les ans, un groupe d’allumés de la construction édifie une sculpture délirante au point le plus haut de la ville, un fort qui domine la baie.


Tu vas monter là-haut, qu’ils me disent, chiche, que je leur dis, enfin l’occasion de vérifier si j’ai toujours pas le vertige. Harnais et grosses vannes.


Non, je l’ai pas. Dominant Calvi d’une centaine de mètres, quand la rotation lui fait dépasser le rempart, le bras de la sculpture passe à 30 m au-dessus des toits. Même pas peur.



Ils veulent tous me faire monter dans leurs zinzins, ça tombe bien, je ne demande que ça. Ici, en autogyre, un truc bizarre, que j’ai jadis expliqué comment ça marchait à la télé belge mais comme vous avez pas la télé belge, c’est raté.



Calvi vu du ciel. Moi aussi ! Moi aussi !


Là, en parapente : la photo est bidon, j’ai jamais volé seul. Ils voulaient absolument me faire poser comme ça pour leurs souvenirs à eux.


La vraie, juste avant le départ.


Par contre, les pieds dans l’air au-dessus du maquis, en train de courir à la chasse aux thermiques, c’est pas bidon.


Et de là-haut, vue imprenable sur les épaves de bagnoles jetées dans le maquis pour les arnaques à l’assurance…


Un groupe de filles nommées « Les Mirettes », habillées en rouge et noir, déroulent dans les endroits les plus saugrenus du festival une performance qui ahurit les Léandris, à base de gestes lents ou d’immobilité, debout, allongées, agenouillées et silencieuses… Dans la 1ère photo, elles font face à un groupe de Gi’s en manœuvre, invités par la Légion à Calvi. Dans la 2e Léandri est en train de flinguer leur performance par pure méchanceté.


Ils m’ont même fait faire du trapèze (en insistant beaucoup). Un salto arrière qui se termine dans le filet, j’aurais jamais cru ça, enivrant.


Vue du trapèze. Ce qu’on voit en arrière-plan (flèche) c’est une table-record de 300m de long sur la plage où le festival organise un repas.


La nappe de la table est un mètre de couturière géant de 300m de long itou, où 1cm=1m, 2 convives par mètre.


C’est Polo (des légendaires Satellites, à la guitare) et Néry (des légendaires VRP, absent au moment de la photo) qui faisaient l’ambiance musicale à base de Maya l’abeille (je ne sais pas le nom des autres).


C’est incroyable ce qu’on peut faire avec la génétique ! Voilà la première betterave transgénique : non seulement elle est énorme, mais en plus, elle vole.


Les légumes transgéniques, ça donne des insectes transgéniques, mais ils arrivent à les recycler, c’est extraordinaire : ici, Kiki, la fourmi dressée, me ramène à l’hôtel.


Alors, lui, c’est formidable, il a inventé une machine à faire la choucroute. Authentique. On peut y faire des choucroutes de carottes, de tomates, de bananes.


Un authentique allumé qui construit des bateaux en bouteilles plastoc et en poubelles recyclées. Son grand projet: un radeau pour traverser l’Atlantique


LES PEOPLES


Là, c’est Tignous et François Rollin qui font semblant d’être heureux…


Là, c’est Rollin et Léandri qui font semblant d’être amis mais en fait, on peut pas se blairer. (Je lui ai noirci une dent sur la photo, ah ah)


La casquette bleue, c’est Rémy Kolpa Kopoul, de Radio Nova, dit RKK, légendaire plume d’Actuel et Libé, et diji dément des soirées du festival. A droite, le dessinateur Lasserpe.

Comme il y avait une guitare à la rédaction, j’emmerdais tout le monde avec mes chansons de vieux (sauf les chansons de vieux corses : personne osait rien dire), mais ça a beaucoup plu à Yann Arthus-Bertrand de passage, et il m’a tapé dans le dos. J’ai connement pas eu le réflexe de lui demander de poser pour une photo prise du haut d’une chaise « Léandri et Yann Arthus-Bertrand vus du ciel », comme il aime rigoler, il aurait accepté, et je le regrette tellement que j’en sanglote. Au fait, avez-vous lu La France vue du sol, de Fioretto, Haudiquet et Léandri ? (Ed Chiflet & Cie)

Dessins de Bauer, Jampur Fraize, Lasserpe, Margerin, Tignous, Raskal et Thiriet,

Nulle part ailleurs, je n’ai croisé autant de gens avec des bonnes têtes, si loin du pognon et du pouvoir, avec qui on a envie de boire un coup et de taper la tchatche, et tous sans exception mordus d’une passion qui rend la conversation haletante. Je suis content d’avoir vécu ça avant de mourir. Finalement, y’a de l’espoir, si si.

Posté par Bruno Leandri le 20/11/11 || TAGLES : , , ,
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festiventu-in-leandri
totodernoncourt
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FESTIVENTU IN LÉANDRI

Une petite brise légère de poésie forte from le FESTIVENTU IN CALVI (Le Festival du Vent, en Corse donc).

Merci Bruno Léandri !

Ahlala… et on peut fumer À L’INTÉRIEUR des maisons ! Quel pays magnifique…

Yeah.

Posté par totodernoncourt le 3/11/11 || TAGLES : , , , ,
Histoire
histoire-6
totodernoncourt
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Histoire #6

Bruno Léandri (ce génie) tout en moustaches noires encore à l’époque. On frise le mythe sous les pixels géants vintage garantis d”époque.

(ici au format d’origine et tout pareil avec de gros carrés flous)

Posté par totodernoncourt le 27/07/11 || TAGLES : ,
Chez les auteurs, Fluide Glacial, Indispensables
les-anaglyphes-de-leandri
Bruno Leandri
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Les anaglyphes de Léandri

suite du Fluide 417 (page 46)

Ces anaglyphes marchent avec les lunettes à filtres rouge et bleu qu’on distribuait là où on montre des anaglyphes : expos, magazines… Donc cherchez-en au fond d’un tiroir, parce que franchement, je ne sais pas où on peut les acheter.

Les trois derniers en couleurs viennent du cimetière du Père Lachaise. Les anaglyphes fonctionnent avec les bleus, les jaunes et les verts. Les rouges vibrent et restent problématiques.



Deux chef-d’œuvres de l’anaglyphe fait par un crack nommé D.Romeuf. Ce sont les plus parfaits que j’aie jamais vus. Allez voir son site, j’ai pas l’adresse sous la main mais vous le trouverez facile sur Google.

Posté par Bruno Leandri le 10/03/11 || TAGLES : , ,
Chez les auteurs, Indispensables
anniversaire
Thiriet
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ANNIVERSAIRE!!!!

aujourd’hui c’est léandri qui s’y colle

Posté par Thiriet le 17/09/10 || TAGLES :
De la bonne, Pube
bientot-le-fluide-special-stones
Thiriet
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BIENTOT LE FLUIDE SPÉCIAL STONES

Voici un extrait du livre de BRUNO LÉANDRI, récemment paru chez FLAMMARION, “ENCYCLOPÉDIE DE MON PÈRE“, et concernant les ROLLING STONES et leurs dommages collatéraux…

“DERNIÈRES ÉRUPTIONS
Les explosions de ses colères s’espaçaient, devenaient exceptionnelles. On était grands, les copains et moi, presque adultes, il avait vieilli, l’appartement où nous avions déménagé, et où j’avais enfin une chambre à moi, rendait les occasions d’altercations plus rares.
Lors des longues conversations destinées à refaire le monde dans ma chambre, Didier, toujours nerveux, aimait bien tripoter et manipuler machinalement n’importe quel objet. Ses mains ce jour-là était tombées sur une darbouka, sorte de double tam-tam maghrébin en terre avec une peau tendue que m’avait prêtée je ne sais qui. Et tout en parlant, ses doigts tapotaient l’instrument alors que Léandri père regardait la télé – ou lisait – dans la pièce voisine. Au bout de cinq minutes de tapotipota sur la peau, la porte de ma chambre s’ouvre.
- Didier, arrête avec ton tam-tam, ça m’énerve.
Didier obtempère, pose l’instrument, la porte se referme et nous voilà repartis sur l’exégèse enflammée du dernier disque des Stones. Dans la passion des controverses, ses mains qui explorent l’environnement retombent sur l’instrument au milieu d’une polémique comparative entre Beggar’s banquet et Her Satanic Majesty request. Dans le feu du discours, sans qu’il s’en rende compte, sans que je m’en rende compte, ses doigts recommencent à effleurer la peau, puis à la tapoter en sourdine, d’abord doucement, puis avec plus d’insistance. Et là, peut-être au milieu d’une tentative de traduction de Sympathy for the devil qui focalisait toute notre concentration, la porte de ma chambre ne s’ouvre pas, elle gicle, et mon père surgit, écumant, bavant, les yeux exorbités, les cheveux ébouriffés, fonce sur Didier couinant de terreur, lui arrache l’instrument et sans un mot, le jette de toutes ses forces contre le sol où il se fracasse en mille éclats de terre cuite. Ceci fait, il repasse la porte qu’il ferme dans une détonation de fin du monde, laissant derrière lui mon invité tétanisé, suffoqué, tremblant, passant du blême au verdâtre. J’ai mis beaucoup de temps à le rasséréner, il ne voulait plus sortir de ma chambre, il fallait traverser la salle à manger pour atteindre la porte d’entrée, et donc repasser devant le dangereux malade, il ne voulait pas me croire qu’après la crise, c’était vraiment fini, et que mon père, parfois penaud, en allait même jusqu’à s’excuser…”

Posté par Thiriet le 13/05/10 || TAGLES :
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