N°490 2 mars 2017
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Fluide Glacial  Qu
Couv. : James + François Ravard | 84 pages | 4€90
2 mars 2017
  François Ravard
Un papa, une maman et pis c'est tout !
Mais mercredi, c'est sodomie !
Avec ce mois-ci dedans→ Aranega, Lindingre, Lefred-Thouron, Bertail, Le Gouëfflec, Berbérian, Gérard Viry-Babel, Alexis, Reuzé, Ravard, James, Pluttark, Bernstein, Besseron, Felder, Cizo, Hugot, Duveau, Thiriet, Grossetête, Fioretto, Trapier, Matt Dunhill, Safieddine, Ostermann, Haudiquet, Youssef Daoudi, Houssin, Marchalot, Le Borgne, Casoar, Pix, M. Le Chien, Witko, Bonanza, Libon, Devig, Davy Mourier, Texier, Wouzit, Pourquié, Théa Rojzman, Sanlaville, Salch, Movida


Fluide Glacial Mensuel N°491
Fluide Glacial Mensuel N°489

l'Édito
LA LIGUE DU CULTE
par Yan Lindingre
Un papa, une maman, qu’on vous a dit ! C’est pourtant clair, nom de Dieu de bordel de bon Dieu ! Et par l’effet magique du frottement répété du papa sur la maman, dans le noir, les yeux fermés, en sanctifiant le nom du Christ, et ce dans le strict cadre exclusif du mariage religieux, les époux engendrent des chiards. Iceux font leur apparition peu ensuite dans des choux ou des roses, c’est selon... Arrivés à maturité sexuelle, vers 7 ans, les rejetons peuvent aller se faire enculer chez monsieur le curé. C’est leur destin. « La bite ne fait pas le moine, disait le sage. Mais puisque Dieu est en tout, pourquoi pas moi ? répondit l’abbé. ?»

Le xxie siècle est donc définitivement religieux et spirituel ou n’est pas, n’est-ce pas ? Pour ma part, j’ai opté pour le spirituel, poil à l’éternel. Quant aux enfants homosexuels des catholiques, Dieu merci, ils ne sont ni spirituels ni religieux, ils ne sont nés ni dans les choux ni dans les roses, puisqu’ils ne sont tout bonnement pas nés, puisqu’ils n’existent tout bonnement pas. Un papa, une maman, et pas de pédés !

Comme disait notre Duce, le regretté Benito Mussolini, précurseur de la Manif pour tous, « chez nous, il n’y a que de vrais hommes ?». Mais tout ça, c’était avant La Cage aux folles. Oui parce qu’avant, c’était avant. Je parle de l’époque où les Grecs s’encaldossaient derrière les portes cochères, même qu’à cette époque, eh bien, il n’y avait pas de portes cochères, mes chers. Pas plus que les anus n’avaient déjà pas de paupières... mais je m’égare.

Je vous parle de l’« avant ?», du temps béni, oui oui, où la Sainte Vierge se faisait inséminer par GPA sans même avoir à se plier à l’us du devoir conjugal (nuptias non concubitus sed consensus facit 1). C’était drôlement pratique pour les gens qui n’aimaient pas baiser, à l’époque d’autrefois. Mais tout cela, c’était avant, je vous dis, cherchez pas à comprendre la logique. C’était le temps où qu’on concevait immaculément, où qu’on marchait sur l’eau quand on avait oublié son maillot de bain, où qu’on multipliait les pains sans calculatrice et où qu’on changeait l’eau en vin sans déranger le serveur. Le bon vieux temps, quoi. Quelque part avant le temps de maintenant et juste après celui où les dinosaures n’avaient jamais existé.
Aujourd’hui, c’est plus pareil.

Aujourd’hui, dans les nouveaux temps, on ne rigole plus ! Alors que les scientifiques conçoivent des prothèses inédites pour faire remarcher les paralytiques, l’Église continue de les envoyer faire trempette bénite à la grotte de Lourdes pour y être miraculés. Bien sûr que ça ne marche pas ! Mais ça fait vendre des Sainte Vierge en plastique, c’est déjà ça. C’est comme « un papa, une maman ?», ça ne marche pas à tous les coups cette affaire. Surtout quand papa est un peu de la jaquette. Certains militants de la Manif pour tous ont la fâcheuse tendance à se gourer de trou, je peux vous l’assurer ! Demandez à monseigneur Di Falco si je déconne 2. Quant à ceux qui ont des pensées impures, je vous dis pas. Y en a vraiment pléthore. C’est prouvé par des sondages.
D’ailleurs, tout ce que je dis, c’est bien écrit dans Le Nom de la rose d’Umberto Eco. Les faux-culs s’emmanchent en cachette, mais jettent la première pierre en public. Les premiers à condamner les petits plaisirs (des autres) et la poilade sont ceux qui se gomorrhent en loucedoque !

Tiens, en parlant de poilade, je repense à Gotlib. Bon, certes, c’était pas un parangon de culbénisme, notre Marcel. Un jour, un journaliste (Philippe Vandel) lui demandait, en parlant de sa BD God’s Club : « Est-ce qu’on pourrait encore faire ça aujourd’hui ?
Marcel avait eu cette réponse exquise : « Non, on ne pourrait plus. Mais à l’époque, on ne pouvait déjà pas. ?»

Bon alors, les copains, on peut ou on peut pas ?

1. Ce n'est pas l'accouplement mais le consentement qui fait le mariage (dixit le pape).
2. Déconner : littéralement : sortir du con.

 Quelques photos du bouclage du 18 janvier 2017
 Photos de bouclage : totodernoncourt