N°463 18 décembre 2014
Fluide Glacial  Fluide, magazine littrre
Couv. : Charles Berberian | 84 pages | 4€90
18 décembre 2014
  Charles Berberian
Vive la litératur !
Terminé les gros mots, au moins jusqu'à l'année prochaine. Terminé les calembours et autres batifolages légers, place aux grands mots et à la lecture sans images.
Ce mois-ci, Fluide fait grand place (à peu près au milieu) à la Littérature.
Ici, l'homme cherche visiblement à se souvenir du numéro de téléphone de sa muse. On constate qu'il est droitier. La vache de son côté cherche plutôt la luzerne, rare en cette saison qui est l'automne. On remarquera les nombreuses feuilles mortes au pied de l'homme. On le voit bien, il ne trouve pas son inspiration dans le regard de la vache qui le regarde aussi. Il a un peu envie de fromage cru.
Bonne lecture.
Avec ce mois-ci dedans→ Aranega, Lindingre, Mélois, Pochep, Waldeck Leroc, Dutreix, Trapier, Reuzé, Sohier, Chauzy, Bouzard, Zanello, Casoar, Satouff, Felder, Cizo, Lefred, Édika, Menu, Thiellement, Baumann, Mo/cdm, Houssin, Vilain, Texier, Vandermeulen, Oncle Gilbert, Fioretto, Camille, Haudiquet, Libon, Besseron, Thiriet, Hugot, Mahler, Klub, Terreur, Bernstein, Fabcaro, Ostermann, Pix, M. Le Chien, Sourdrille, Bouilhac, Raynal,


Fluide Glacial Mensuel N°464
Fluide Glacial Mensuel N°462

l'Édito
Comme ne manque jamais de me rappeler mon président bien-aimé lors de sa visite hebdomadaire,
par Yan Lindingre
et tout en épluchant d'un pouce distrait l'actualité éditoriale de Fluide Glacial qui jonche mon bureau : "Vous, mon cher Lindringue, vous êtes incontestablement le plus con de tous mes lieutenants. Et pourtant j'en ai vu défiler des abrutis, vous savez. Enfin, depuis que vous vous piquez de pondre des éditoriaux, je me dis qu'au moins vous ne savez que "ni lire"". Blague à part, depuis qu'il a appris que je n'ai jamais lu un traître livre de ma vie (à part le manuel de montage de l'étagère Billy), je crois savoir qu'il me voue une sorte d'intérêt relatif, mon président.
Il éprouve à mon endroit (quand son emploi du temps le lui permet) un sentiment sis tout pile entre navrement et une certaine forme d'admiration. Cette émotion paradoxale qui s'empare du naturaliste lorsqu'il découvre malencontreusement en égrainant le pelage d'un mammouth une espèce nouvelle d'anoploure... morpion génital qu'il aura l'heur de pouvoir baptiser, c'est toujours ça.
Je voudrais rebondir sur ce que je viens d'écrire et évoquer ici même la notion de sérendipité concernant cette belle rencontre entre mon président et moi. Fruit du hasard, caprice du destin, avènement soudain de cette chose que l'on n'attendait pas et surtout ne cherchait résolument point. Ce machin furtif qui vient s'exploser inopinément sur votre pare-chocs sans crier gare, et qui pour autant ne tient pas du gros lot providentiel. Le "machin" dans la métaphore plus en haut étant "moi". Et moi, mon président, il m'a trouvé alors qu'il ne me cherchait pas, rangé derrière mon bureau le jour où il a racheté ma maison mère. Ou plutôt le lendemain, quand le vendeur lui a dit : "Attendez, monsieur, je crois qu'il y a encore ce truc qui fait partie du lot."
Aussi improbable que cela puisse paraître, il m'a gardé... un peu comme Monsieur Tanner avec Alf. Histoire de pas trop l'embêter, j'aurais pu tenir mon petit rôle pépère de rigolo qui confirme la règle, couler sans faire de vagues des jours heureux au sein de ce nouveau consortium. Je me serais fait tout petit dans le grand building façon "trouvez Charlie". Tout aurait tranquillement suivi son chemin si ne m'avait pas traversé la calebasse l'idée géniale de soumettre au président lors de l'une de ses visites de routine, soucieux que j'étais malgré tout de monter dans le baromètre de son estime, si je n'avais entrepris un beau matin, dis-je, de lui proposer tonitruant de, à l'instar de mes voisins de palier du groupe, faire moi aussi un peu dans la littérature avec un grand L et quatre petits t (puisque comme c'est gratuit, j'en mets toujours 4). Au moment où il allait entonner son habituelle tirade sur mon inculture crasse, mes 4 neurones montés en quinconce, je coupai court : "Un supplément littéraire que je vais vous concocter ! Le avec un grand L, Le supplément littéraire de Fluide Glacial, avec un grand F et un grand G, et vous allez voir... Ça s'appellera "la Nouvelle Revue Française d'Umour et Bandessinée", que nous acronymerons NRFUB, et qui va marcher du feu de Dieu avec un gros D. J'ai parmi mes troupes de comiques des types qui savent écrire sans faire de fautes (avec un petit s car ils en font toujours plein). Ils vont bien étudier tous les bouquins qui se vendent super bien en ce moment, tout malaxer, détricoter, déconstruire, dérider, retendre et ils vont tout nous refaire mais en très mieux. Monsieur le président, je vous fais une lettre, puis deux, puis un mot, puis des phrases, des paragraphes, voyez comme c'est magique... mes idées, votre confiance... on va gagner plein de sous vous et moi. Des montagnes de braise !" Le président m'interrompit : Proust ! Moi : Quoi ? Vous vous sentez mal ? Lui : Marcel Proust, abruti ! Ça vous dit quelque chose ?
Moi : Ah... Euh oui, de nom... (comme on m'a appris à dire quand je sais pas). Lui : A la recherche du temps perdu ! Je viens de le retrouver le temps perdu ! le temps perdu, il est ici, dans ce bureau, dans votre ciboulot ! Ici tout n'est que temps perdu ! Faites ce que vous avez à faire, mais cessez de me faire perdre mon temps, Lindringue ! Le voir si enthousiaste m'engagea à pousser la chansonnette.
"J'irai refaire un tour, du côté de chez Swann, revoir mon premier amour qui m'a donné rendez- vouuuuuuus... sous le chêneuh !"
Moi (m'interrompons à mon tour) : Et vous, monsieur le président, vous connaissez Dave ?

Quelques pieces of extraits
 Quelques images qui bougent du bouclage du 13 novembre 2014
 Vidéos de bouclage : totodernoncourt
 Quelques photos du bouclage du 13 novembre 2014
 Photos de bouclage : totodernoncourt