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Harold Barbé vs Dedo

03/03
 
 
 
Quelque part entre un solo de guitare qui ronfle comme une tondeuse possédée et un fou rire aussi brutal qu’un pogo en plein mariage, il existe un humour enraciné dans le terreau gras et capillairement douteux du métal. Si vous croyez que ce style se cantonne à la noirceur, aux clous, aux hurlements et aux t-shirts illisibles, vous faîtes une grave erreur : le métal adore se poiler et pratique l’autodérision avec application et rigueur. La preuve par deux :  Dédo et Harold Barbé. Deux styles, deux parcours, mais un seul drapeau noir claquant au-dessus de leurs vannes.
 
Thomas Bernard : Quel est le premier groupe de rock ou de métal qui vous a fait dire : « OK, c’est ça mon son ! » ?
Harold Barbé. Ugly Kid Joe, je devais avoir 10 ans quand un copain à moi m'a fait écouter "Neighbor", ma vie a basculé à ce moment là.
DEDO. Très clairement Pantera! Vers 15 ans le 1er riff de Dimebag Darrell que j'entends c'est sur le morceau « A new level » sur l'album « Vulgar display of power ». Je me suis dit « ok ça surbute qui sont les guitaristes?! » et en fait j'ai vu que c'était juste un gars...IL A FAIT CETTE MACHINE DE GUERRE AVEC UNE SEULE GUITARE?!...et ben oui. Et quand 30 secondes plus tard déboule la voix de Phil Anselmo j'ai compris que ça serait mon groupe de metal de chevet. 30 plus tard c'est toujours le cas. On change pas une équipe qui castagne.
 
Thomas Bernard : Est-ce que votre passion pour le rock a influencé votre manière d’écrire du stand-up ? Si oui, comment ?
Harold Barbé. Totalement. Essentiellement sur les thèmes abordés : colère, sexe, dépression... mais également au niveau du rythme. Je visualise chaque set/sketch comme un morceau avec une intro, une accélération et un solo de fin.
DEDO. Je ne pense pas que ça ait pu influencer ma manière d'écrire, mais par contre ça a pu participer à ma volonté de faire du stand up un peu proteiforme. Une envie de ne pas rester dans une forme figée, d'aller à la fois vers de la punchline mais aussi de l'absurde, assumer de longs moments de jeu, s'en foutre de vouloir faire du mainstream pour toucher le maximum de monde. Je pense sincèrement faire quelque chose qui me ressemble, donc quelque chose qui ne ressemble pas aux autres par la force des choses...J'aurai coupé mes cheveux et porter des couleurs pastels si j'avais voulu passer sur TF1 à tout prix. Je préfère cultiver ma singularité et avoir des gens qui me suivent pour les bonnes raisons.
 
Thomas Bernard :Y a-t-il un concert qui a changé votre vie, ou qui a inspiré votre énergie sur scène ?
Harold Barbé. Un concert et un Stand Up sont deux énergies totalement différentes assez compliquées à mettre en parallèle. Néanmoins, j'ai toujours eu une grande admiration pour le "crowdwork" de Dave Grohl. Je me souviens d'un concert des Foo Fighters où Dave avait joué Times like these quasiment tout seul avant d'être rejoint par le reste du groupe. Mais la partie où il était seul et qu'il avait toute une arena suspendue à lui, quand j'ai vu ça je me suis dit waou !
DEDO. La 1ere fois que j'ai vu The cure en concert au lycée, ça a été libérateur de constater qu'on pouvait être un groupe autant apprécié en proposant des compositions profondément riches, qu'elles soient Dark ou pop, tout en ayant un look assumé. Les cheveux crêpés, les yeux maquillés et du rouge à lèvres qui tache ça aurait pu être répulsif pour beaucoup, et pourtant ils ont réussi à fédérer parmi toutes les castes. J'imagine que ça a du m'inspirer dans ma vie artistique via ce prisme!
 
 
Thomas Bernard : Si vous deviez faire découvrir le métal/rock à quelqu’un qui n’en écoute jamais, quel album vous utilisez pour le convertir ?
Harold Barbé. Je crois que je choisirai quelque chose de facilement accessible pour ne pas dégoûter et pousser le curseur progressivement. Probablement le Black Album de Metallica
DEDO. Surement le black album de Metallica. Les morceaux sont grands publics et pourtant représentatifs du groupe. Tout le monde connaît le riff de Enter Sandman sans forcément savoir que c'est d'eux. C'est la preuve que ça à fonctionné sur le grand public. Ce qui n'est pas donné à tout le monde. Pareil pour Nothing Else Matters. Pareil pour Tata Yoyo d'Annie Cordy, qu'on peut donc considérer comme la Metallica Belge.
 
Thomas Bernard : Sur scène, vous avez  une énergie très “live” : est-ce que vous vous inspirez des concerts rock pour votre style d’humour ?
Harold Barbé. Complètement. Je le revendique totalement haha pendant longtemps je ne voulais pas admettre que j'étais humoriste. Je m'étais mis dans la tête que je faisais du "Metal Comedy". Mais après 15 ans à exercer cette discipline, je peux vous assurer que je suis bien un humoriste avec tous les doutes et névroses qui vont avec. Néanmoins depuis 2020, je me fixe comme règle de faire tous mes Stand Up habillé comme Jonathan Davis de Korn.
DEDO. Pour mon projet musical  « Princesses Leya » oui! J'en suis le chanteur et je pense qu'à force d'avoir vu des concerts j'ai pu être influencé inconsciemment. Au moins par Dave Gahan de Depeche Mode, ou Trent Reznor de Nine Inch Nails. Ce sont pour moi deux des plus grands Frontmen de l'histoire. Avec Annie Cordy qu'on peut considérer comme la Mick Jagger Belge.
 
Thomas Bernard : Quel est le cliché sur les métalleux qui vous énerve le plus (ou au contraire, celui qui vous fait le plus rire) ?
 Harold Barbé. Il y a des clichés qui me font rire comme la supposée agressivité des metalleux. Quoique c'est un cliché qui est clairement en train d'être débunké. Celui qui m'agace le plus c'est d'entendre les non-initiés qualifier le Metal de bruit sans se rendre compte de la technicité et de la virtuosité des musiciens. Mais en même temps les gens qui "commentent" ont toujours tendance à dire n'importe quoi.
DEDO. Qu'on ne s'habille qu'en noir. Ce qui est complètement stupide. J'ai un T-Shirt rouge. Et j'ai mis du blanc une fois.
 
Thomas Bernard : Si vous aviez l’occasion de monter un show mêlant stand-up et performance musicale, à la manière d’un concert, ça ressemblerait à quoi ?
Harold Barbé. Très bonne question. J'y ai souvent pensé. Probablement que je mettrai des barils sur scène façon Slipknot sur lesquels je taperais avec des godes. Y'a peut-être un truc à creuser. 
DEDO. Totalement à Princesses Leya. Avec Antoine Schoumsky, Cleo Bigontina et Xavier Gauduel on fait un spectacle  qui est à la fois un concert, une comédie musicale et une pièce de théâtre. La proposition est hybride mais elle plaît aux metalleux autant à celles et ceux qui ne le sont pas. Tout ça agrémenté de plein de vannes! On prépare notre 3eme album. Écoutez vous ferez vite partie de la secte!
 
Thomas Bernard : Quel artiste ou groupe rock/métal vous inspire aujourd’hui  : attitude, liberté, contre-culture, etc. ?
Harold Barbé. Je suis un vrai fanboy de Korn. C'est totalement le groupe dont je bois les paroles et dont je suis totalement addict. Comme je le disais plus haut, si Jonathan Davis porte un kilt, je veux porter un kilt, si il porte un jogging Adidas à paillettes, je veux porter un jogging Adidas à paillettes…
DEDO. Principalement Annie Cordy qu'on peut considérer comme la cocaïne belge.
 
 
Thomas Bernard : Vous écoutez quoi juste avant de monter sur scène ? Un truc qui vous booste ? Ou au contraire quelque chose de calme ?
Harold Barbé. J'ai besoin du plus de calme possible. En général je n'écoute rien. J'essaye de gérer ma respiration et de faire des exercices d'articulation. C'est pas très Metal tout ça…
DEDO. J'écoute le podcast qu'on anime avec Yacine Belhousse. Ça s'appelle le Potes Cast. C'est à la fois calme, à la fois pas du tout, mais avant tout profondément con chaque semaine pendant 1 heure. Avant de monter sur scène, me dire en écoutant ça qu'autant de gens trouvent super un truc aussi débile, ça me met forcément de bonne humeur.
 
Thomas Bernard : Si vous pouviez collaborer avec un groupe de rock ou de métal pour un sketch, un clip ou une tournée, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Harold Barbé. J'ai eu l'IMMENSE chance en tant qu'humoriste d'être programmé au Hellfest et d'y jouer 40 minutes, de faire les premières parties de Loudblast, Aldebert et Gojira. Je pars faire la tournée des zéniths avec Ultra Vomit en 2026. Les Dieux du Metal m'ont déjà vraiment gâté et probablement plus que ce qu'il y a de logique mais si je devais faire une collab' j'aimerais que ça soit sous le biais d'une fiction.
DEDO. Forcément Gojira! Déjà parce qu'ils sont français donc ça parait un peu plus possible qu'avec des américains, et surtout parce qu'ils sont devenus une référence mondiale. D'albums en albums ils gagnent en maturité, leur son est tétanisant, ils sont écolos, comment ne pas les adorer?! Après je dirais bien Annie Cordy mais faut pas rêver non plus.
 
ON TOUR !
 
Harold Barbé avec Relax Max :
7 mars à Angers / 20 mars à Rouen / 26 mars à Paris/ 2 avril à Lausanne / 17 avril à Caen / 25 avril à Amboise / du 21 au 23 mai à lyon.
 
Dedo avec Apocalypse Now Now :
10 mars à HARFLEUR / 4 avril à Bagnols-sur-Cèze / 18 avril à Riddes / et à Paris jusqu’ au 29 avril pour 12 dates exceptionnelles au Point Virgule.
Dedo sur insta : (@dedodante)
Harold sur insta : (@haroldbarbe)
 
 
 
 
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