À l’occasion de la sortie du dernier album d’Erik Tartrais, découvrez les coulisses de son travail…
“L’idée de l’album m’est venue après avoir binge-watché la série Shōgun. Ça m’a donné une folle envie de dessiner des samouraïs. Si j’avais regardé une série sur l’élevage des truites, est-ce que j’aurais fait un album sur les truites ? Sûrement. Ouf, heureusement que c’était Shōgun… Étonnamment, je ne suis jamais allé au Japon – c’est beaucoup trop loin pour mon empreinte carbone. Mais j’aimerais beaucoup y aller un jour (tant pis pour mon éthique écolo).
J’ai plein de carnets dans lesquels je note tout ce qui me passe par la tête : des idées, des clichés, des débuts de phrases… Parfois, une idée en entraîne une autre. Par exemple : je note que les samouraïs ont des sabres qui coupent super bien. Donc, si tu as un gros rôti de boeuf, ça peut être pratique d’en inviter un. Et ainsi de suite, jusqu’à construire une histoire. Quand je perds un carnet, je suis persuadé qu’il contenait mes meilleures idées. Et quand je le retrouve, je me rends compte que non. La déception !

Pour ce qui est de la construction des différentes étapes de mon travail, une fois que j’ai une histoire, je fais un découpage tellement brouillon que – même moi – j’ai du mal à m’y retrouver. Ce sont des carrés avec des gribouillis. Je passe donc directement au crayonné des planches pour pouvoir montrer ça aux premiers lecteurs. En l’occurrence, à Jessica et Clément, qui m’apportent souvent des ajustements très utiles pour clarifier l’histoire. Ensuite, encrage (sur un PC qui a dix ans, avec Photoshop et une Wacom Cintiq 16), et basta. Habituellement, je fais les couleurs, mais là, on voulait un rendu “estampe” que je n’arrivais pas à obtenir. Et c’est Annelise Sauvêtre qui s’en est chargée : elle m’a totalement bluffé, c’est superbe.”






