491 6 avril 2017
» Édito |
Fluide Glacial  J
Couv. : Éric Salch | 84 pages | 4€90
6 avril 2017
  Éric Salch
Prochain numéro le 4 mai 2017
Y a d'la joie Partout y a d'la joie
Ah ben, tiens, justement ce mois-ci y a un concours !
Un concours du feu de Dieu qui vous fera gagner des LOOKBOOK#2 DÉDICACÉS par l'auteur.

→ LES DÉTAILS DU RÉGLEMENT
Rendez vous vite DANS votre Fluide 491, page 55.
Avec ce mois-ci dedans→ Aranega, Lindingre, Lefred, Felder, Ciao, Erre, Wouzit, Safieddine, Planète Comique, Picto Presto, Moog, Lehmann, Besseron, La 3e Narine, El Diablo, Witko, Nena, Fioretto, Haudiquet, Pochep, Pluttark, Bernstein, Dunhill, Zanello, Ostermann, Pix, M. le Chien, Salch, Houssin, Mourier, Le Borgne, Reuzé, Casoar, Place, Devig, Berroyer, Trapier, Duveau, Thiriet, Bertail, Le Gouëfflec, Movida, Plonk, Replonk, Tebo


Fluide Glacial Mensuel N°
Fluide Glacial Mensuel N°490

l'Édito
Il est une ancestrale coutume chez Fluide Glacial qui consiste à de politique ne point parler (une autre nous enjoint d'emphase peu user).
par Yan Lindingre
Cet apolitisme ne relève en rien d'une quelconque pleutrerie, d'une volonté de ne pas vouloir froisser notre cher lectorat. Allons ! Pensezvous que si l'on souhaitait ménager votre pruderie, vos chastes mirettes, l'on publierait les gribouillis de l'infâme, de l'immonde Salch ?!! Non, ce n'est pas que l'on veut plaire à tout le monde, loin s'en faut. Tiens, regardez ce que je peux faire si je veux... Greffier, ouvrez les guillemets : « Les fachos, les racistes, les anti-pédés, allez tous vous faire gomorrher ! Je finis de me torcher les fesses avec Rivarol et je vous l'expédie en port dû !!! » Vous avez vu ça ? On ne manque pas de gonades de par chez nous, n'est-ce point ? Mais voilà. Nos chers confrères nous en livrent suffisamment, et avec quel talent !, qui d'articles de fond, qui d'entretiens exclusifs, qui de pamphlets cinglants, Le Canard enchaîné excelle depuis un siècle dans la caricature acerbe, en d'autres termes, tout est dit partout ailleurs sur toutes ces faces de flatulat en campagne, ces piailleurs de lendemains qui chantent, en fa, en sol, en si bémol. « Cuicui », chantent les lendemains, « pan ! » fait feu Fluide. Un peu de paix dans cet océan de meetings : Si vis pacem para poilade ! Cela dit, et sans vouloir froisser nos amis helvètes, la neutralité n'est pas toujours gage de vertu ! Prenons comme mauvais exemple le fameux dessin de Caran d'Ach, le seul que la mémoire collective ait retenu au sujet de l'affaire Dreyfus, le « dîner en famille ». Figure 1, un repas paisible sous-titré : « Surtout ! Ne parlons pas de l'affaire Dreyfus ! » Figure 2, une scène de pugilat estampillée : « Ils en ont parlé ! » Cette sale petite pute de Caran d'Ach était un vaillant antisémite et antidreyfusard. Mais que dit son crobard ? Il dit : « mieux vaut éviter le sujet ». Courageux mais pas téméraire, le Caran d'Ache. Engagé/dégagé façon coiffé/décoiffé. Qu'il crève ! Oui, bon... qu'il recrève, l'ordure ! C'est pas la question de pas vouloir participer au débat, hein. Mais ils sont déjà tellement pénibles en vrai, tous ces emplâtres. Ils nous prennent tellement pour des crasses depuis si longtemps. L'idiocratie a définitivement triomphé, et tant de candidats se bousculent au portillon pour en repousser les marches. Et puis, c'est pas qu'on veut pas, mais on y comprend rien, nous. Alors que la direction du Front national est à présent sociale, gayfriendly et laïque, certains de nos confrères libertaires ont viré « ayatollaïques » et sont davantage obsédés par le burkini, la peur des Arabes, que par l'évasion fiscale. Tristes tropismes... on peut dire que les cartes sont un peu brouillées. Ou alors, peut-être qu'on les lit à l'envers, allez savoir. Regardez notre pépère Hollande qu'on élit à l'endroit, lui, sur des rodomontades contre la finance omnipotente, et dont le quinquennat se résume à une longue trace de caca mou sur les tapis de l'Elysée... sa seule grande victoire aura consisté à battre des records de ventes d'armes à des fous furieux. Pendant ce temps, ses policiers, tels des chiens enragés, arrachent leurs couvertures aux SDF pour les faire crever de froid. Comprend qui peut. Mais comme je te comprends, toi, lecteur de Fluide Glacial, d'avoir envie qu'on te parle ici d'autre chose que de cette bouillabaisse politicarde. Comme je comprends, à l'orée du printemps, ta soif inextinguible de rigolade primesautière, ton besoin d'oublier un instant tous ces gnomes égocentriques ! Comme je te respecte, toi, le seul sur 45 000 lecteurs qui a réussi à lire jusqu'à son terme cet édito verbeux, pontifiant, aussi pénible qu'un quinquennat de Macron !
Toujours rédac-chef