SÉRIE OR N°72 24 septembre 2015
» Édito |
Fluide Glacial  Srie-Or N72
Couv. : Christian Binet | 100 pages | 6,50€
24 septembre 2015
  Christian Binet
40 ans d'amour
Il était une fois les Bidochon
Avec inside→ Binet, Lindingre, Vacaro, Gérard Viry-Babel, Frémion, Lefred-Thouron, Michel Onfray, Pierre Perret, Thiriet, Jérôme Deschamps, Charb, Bruno Masure, Léandri, Michel Maffesoli, Alex Taylor, Solé


Fluide Glacial Série Or N°hs73
Fluide Glacial Série Or N°hs71

l'Édito
"Alors que je m'adonnais au shopping à Dubaï,
par Yan Lindingre
dans la galerie VIP du Emirate Mall en compagnie de deux mannequines vedettes et que nous devisions elles et me en anglais de Wall Street devant la vitrine d'un joaillier suisse expatrié, nous fûmes littéralement assaillis, enfin surtout moi, par une meute de femmes de luxe rousses et russes vêtues de shorts, de t-shirts et de tongs en or massif. En effet, quand je prononce certains termes comme "diamonds nakelace" (rivière de diamants), ou "platinium jewelry" (parure en platine), une infinitésimale pointe d'accent français trahit mes origines hexagonales.

J'ignore si ce sont ces paroles insignifiantes qui ont attiré l'attention des 8 démentes d'outre-Volga et par là même déclenché toute cette algarade que je vais vous conter, ou bien, plus probablement, ma classe naturelle "french touch". Toujours est-il que je me retrouvai dans une bien délicate posture.

Plus loin, dans l'immense galerie de marbre ornée de mille joyaux, leur propriétaire, celui des rousses, un oligarque russe cacochyme en fauteuil motorisé de chez Bentley, tentait vainement de les ramener à la raison et à ses pieds en leur tendant des croquettes au caviar.

La horde de harpies surexcitées, authentique hydre cosaque à crinière de feu, me hurla à peu près ce langage :
"You French ? "
"Yes", répondis-je.
"Do you know Dior, Chanel, Louis Vuitton ? "
"Figurez-vous que je connais personnellement Raymonde et Robert Bidochon », leur rétorqué-je du tac au tac dans la langue de Binet.

J'assistai alors à une scène dantesque digne des premiers concerts des Four Fabs : Trois évanouissements instantanés, deux des filles qui étaient en train de fondre littéralement en larmes en s'empoignant mutuellement le visage comme pour l'empêcher de lui faire perdre forme humaine, deux autres étaient tout bonnement hagardes comme après une déflagration, quant à la dernière, elle entama bien malgré elle une combustion spontanée. Mes deux compagnonnes mannequines me lancèrent des éclairs d'oeil. Comment avais-je pu leur cacher cette amitié de luxe depuis toutes ces minutes que nous nous connaissions ?

Une heure plus tard, Mohammed ben Rachid Al Maktoum, l'émir de Dubaï en personne, averti de l'embrouillamini par des agents espions, demanda à me recevoir et m'implora de le laisser me toucher les mains avec ses doigts, moi qui avais moi-même touché les Bidochon pour de vrai. Emu par son émotion légitime, je lui organisai séance tenante un dîner avec le cousin arabe de Raymond, le cheik Ben Bidochon, en vacances dans un camping du Qatar voisin, que nous fîmes quérir avec mon hélicoptère.

Le soir même alors que nous nous repaissions de mille mets au bord de sa piscine en forme de merguez géante et que l'émir nous annonçait tonitruant son souhait d'inviter Kador (qu'il appelle "Tchador") à donner une conférence (de l'influence des philosophes allemands du 19e sur l'émergence des nationalismes en Europe)… le réveil a sonné ! *

Or donc ouf ! Tout cela n'était qu'un rêve ! ! ! En revanche, cher lecteur, le petit chef-d'oeuvre que vous tenez entre vos mains et qui retrace en 100 pages ni plus ni moins toute l'épopée des Bidochon est tout ce qu'il y a de plus réel. Tout ce que vous avez toujours voulu bidocher sur les Bidochon sans jamais avoir osé le bicher !

*Message personnel à Édika :
Tu vois, Édi, quand tu veux terminer une histoire très compliquée assez facilement, tu dis que le mec était en train de dormir. C’est des vieux trucs de scénariste.