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(Que les collaborateurs doivent réciter chaque jour devant l'autel installé dans le couloir du journal) Ô Charles-Henri, Aide-moi à trouver aujourd'hui un gag désopilant qui me fera gagner mon pain quotidien, me vaudra l'admiration des filles et contribuera à l'édification des masses populaires
Montre-moi la route lumineuse où l'humour pertinent et la culture fertile vont main dans la main
Pardonne-moi mes laborieux graffitis, mes idées indigentes et mes plaisanteries essouflées, indignes du papier qui les porte, de l'encre qui les imprime, et de Ton regard qui les parcourt
Pardonne-moi d'avoir dit du mal de Diament pendant tant d'années
Je promets de faire tous mes efforts pour dessiner moins d'hypertrophies mammaires, de pénis en érection, de chagattes frémissantes
Je jure d'ôter de mes marges le plus possible de crottes de nez, d'onomatopées intestinales, d'allusions à des activités sodomites
Je jure de ne plus me moquer d'Annie Girardot, de Patrick Sébastien, d'Alain Delon, de Lagaf, du Pape, des indépendantistes corses, et de Paul Loup Sulitzer
J'implore Ton indulgence si je n'y arrive pas, mais n'oublie pas mon augmentation
Et est-ce que tu peux faire quelque-chose pour virer Blutch qui nous pourrit les bouclages avec ses réflexions déplacées? (Nota: employé ici comme figure de style, le tutoiement est une familiarité que nul d'entre-nous n'oserait seulement envisager en présence de notre bien aimé P-DG. En privé, nous l'appelons "Monsieur le Président", et dans la plus chaude intimité, lorsque une relation de profonde confiance et de riante camaraderie s'installe, il nous permet parfois de l'appeler seulement "Président".) © Bruno Léandri |