La
question de la propreté est complexe. Elle revient à
déterminer la quantité tolérable de particules
exogènes (ketchup, cambouis, noir de cou) pouvant s'accumuler
sur une surface donnée (vasque de douche, col de chemise, dessous
de bras).
À
cette problématique subtile, la femme apporte comme souvent
une réponse binaire. Pour elle, une surface est propre immédiatement
après avoir été lavé ; sale tout le
reste du temps.
Cette
vision primaire aboutit parfois à une représentation
faussée de la réalité. Ainsi, seules les femmes
utilisent des adjectifs désignant des particularités
morales pour caractériser de simples objets (un appartement
ignoble, une serviette immonde, un canapé répugnant,
des cheveux abjects
etc.)
L'approche
de l'homme est bien entendu beaucoup plus fine. Loin de tout manichéisme,
il sait observer pour déterminer avec précision le
moment opportun pour passer l'aspirateur, un coup d'éponge
ou un quart d'heure au café.
Cette
subtilité exige un effort de chaque instant et met la plupart
des sens à rude épreuve lorsqu'il s'agit de palper
le sommet d'une armoire d'un doigt expert ou de humer la fraîcheur
d'un caleçon d'une narine téméraire.
Mais
ce prix l'homme sait le payer pour vivre en harmonie avec son environnement
quand il est tellement plus simple de tout briquer du sol au plafond
sans aucun discernement.
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