Pour la femme, la propreté, c'est un état idéal où corps et vêtements, objets et meubles, murs et cloisons sont exempts de cette accumulation de particules exogènes désignées par le terme de saleté. Paradoxalement, la recherche de cet état pousse la femme à suer des heures durant.

Pour l'homme, la propreté, c'est une imposture américaine fomentée par les fabricants de détergents.

 
La question de la propreté est complexe. Elle revient à déterminer la quantité tolérable de particules exogènes (ketchup, cambouis, noir de cou) pouvant s'accumuler sur une surface donnée (vasque de douche, col de chemise, dessous de bras).

À cette problématique subtile, la femme apporte comme souvent une réponse binaire. Pour elle, une surface est propre immédiatement après avoir été lavé ; sale tout le reste du temps.

Cette vision primaire aboutit parfois à une représentation faussée de la réalité. Ainsi, seules les femmes utilisent des adjectifs désignant des particularités morales pour caractériser de simples objets (un appartement ignoble, une serviette immonde, un canapé répugnant, des cheveux abjects …etc.)

L'approche de l'homme est bien entendu beaucoup plus fine. Loin de tout manichéisme, il sait observer pour déterminer avec précision le moment opportun pour passer l'aspirateur, un coup d'éponge ou un quart d'heure au café.

Cette subtilité exige un effort de chaque instant et met la plupart des sens à rude épreuve lorsqu'il s'agit de palper le sommet d'une armoire d'un doigt expert ou de humer la fraîcheur d'un caleçon d'une narine téméraire.

Mais ce prix l'homme sait le payer pour vivre en harmonie avec son environnement quand il est tellement plus simple de tout briquer du sol au plafond sans aucun discernement.

 

Concernant votre hygiène corporelle, ne faites preuve d'aucune subtilité.

 

Essayez donc de ravoir la tache si dessous, puisque vous êtes si maligne.

 
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