| Pour
la femme, la mode est la manière obligatoire de s'habiller
dictée par l'époque qui lui assure grâce et élégance
et lui permet, par la magie des soldes, de convertir chaque dépense
de 100 € en une économie de 50 €.
Pour
l'homme, c'est un méthode fasciste pour lui interdire de
porter des vêtements encore en bon état.
|
Empreint
de sagesse et d'un sens inné de l'esthétisme, l'homme
sait discerner l'authentique beauté des diktats de l'air du
temps. Loin de limiter sa perception d'un textile à ces frivolités
superficielles que son sa couleur, sa coupe, son tissu
etc.,
il sait qu'un vêtement, comme tout être animé,
n'existe que par ce qu'il a vécu.
C'est
la trajectoire individuelle d'une chemise, la somme des petites
expériences irracontables d'un pantalon, les blessures secrètes
et pourtant bien présentes d'un caleçon qui font leur
valeur. Loin de se laisser berner comme une femme par les signes
extérieurs obligés de l'apparat conformiste, l'homme
entretient une relation proche, presque intime, avec chacune des
pièces de sa garde robe.
Pour
lui, être distingué, c'est savoir marier le pantalon
à carreaux qu'il portait pour passer le permis avec la chemise
à fleur que lui à offert sa mère. Être
élégant, c'est combiner astucieusement, ce tee-shirt
"Motul" increvable et ce bob Perrier glané dans
les tribunes de Roland-Garros après la victoire de Noah en
1983. Être beau, c'est oser l'anorak de son Chamois de bronze
sur le costume de son mariage.
Bien
sûr, cette relation d'exception au monde de la couture échappe
à la plupart des femmes qui s'en remettent benoîtement
à la lecture de catalogue en papier glacé et à
l'examen de vitrines sans âme.
|