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Quand on annonce des bonnes nouvelles, que dis-je, des nouvelles incroyables, extraordinaires, révolutionnaires, spleeeeendiiiiides… On n’est jamais pris au sérieux. Surtout quand on travaille chez Fluide Glacial.
Voici la dernière preuve en date: la sortie du hors-série rigolo, sexy et moderne de Fluide Glacial: j’ai nommé (roulements de tambour) Fluide Glamour ! Certes, j’ai malencontreusement posté cette information des plus réjouissantes un… 1er avril. Bon. C’est sûr que ça ne mettait pas forcément tout de suite en confiance.
Alors pour mettre fin à votre torture mentale depuis 14 jours, je vous apporte la preuve en image que ce n’était pas un fake, que oui, vous allez vous ruer dans les kiosques le 22 avril, que oui, vous n’allez pas vous en remettre, que oui, ça va changer votre vie, et que enfin, oui, heureusement qu’il reste Fluide Glacial pour vous procurer bien-être, détente et surprise !

Des anecdotes, toutes authentiquement authentiques, sur mes neuf années de pensionnat. Je m’y étais retrouvé parce que mon père ne voulait pas m’inscrire à l’école du village, qui était aux mains du maire communiste, lequel, disait-on à l’époque, mettait des tracts dans les cartables et bafouait quotidiennement la religion. Et donc mon père, grand catholique, a préféré m’envoyer en pension, dans la seule école chrétienne de la région. Disons que j’en ai bavé pendant neuf ans…
Yes, sir.
C’était un peu la conclusion d’une sorte d’autothérapie, le seul bouquin expiatoire de toute ma carrière. Je voulais me débarrasser de ces mauvais souvenirs tout en faisant rire les lecteurs de Fluide. Ça m’a permis de régler quelques casseroles. Je dois d’ailleurs avouer que le décès de mon père m’a permis de me libérer de ce poids: je ne suis pas certain que j’aurais osé raconter tout cela s’il avait encore été en vie à l’époque. Et, de manière générale, je ne suis pas certain qu’il aurait apprécié que je travaille dans des journaux comme Fluide Glacial. Il me destinait plutôt à la bonne presse catholique. C’est même lui qui prenait les rendez-vous à ma place avec les rédactions, c’est dire l’ascendant qu’il avait sur moi…
Cela étant, c’est difficile, quand on fait de l’humour, de dévoiler des histoires graves et personnelles. Je crois être arrivé à un bon mélange…
Mais je suis attaché à mon enfance, que je considère comme les années les plus importantes de ma vie. Par contre, j’ai détesté ce système répressif et hypocrite. J’étais entouré de gens frustrés (les religieux, les profs et même mon père) qui faisaient chier tout le monde. En étant pas toujours eux-mêmes tout blancs. Ça me rappelle l’histoire de ce politicien américain qui faisait campagne contre l’homosexualité, et qu’on a retrouvé, dans un motel, le pantalon sur les genoux et en bonne compagnie masculine. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
J’étais pas bien costaud, et donc j’étais le petit, le brimé. C’étaient les baraqués (souvent des redoublants) qui faisaient la loi. En plus, on se prenait tous les déchets des lycées parisiens, et c’était des gars qui avaient déjà pas mal vécu, par rapport à moi qui sortais d’un milieu bourgeois sans histoire. Ah ça, y avait pas que des lumières, hein ! Et le pire, c’est que je ne pouvais rien raconter à la maison. Puisque, par définition, l’école catholique était parfaite aux yeux de mon père et que rien de moche ne pouvait m’y arriver, selon lui.
Non, j’ai évacué la religion de ma vie. Il me reste un certain intérêt pour le mysticisme et l’exaltation, mais c’est tout. Mais il faut quand même que vous sachiez que le lavage de cerveau a plutôt bien fonctionné, puisque je me suis retrouvé au séminaire, et que je voulais devenir curé. Et puis, heureusement, j’ai découvert la vie, en commençant à sortir de chez moi, et je me suis intéressé à d’autres choses et à d’autres personnes.
Oui, il y avait des trucs troublants, même si je n’ai rien subi moi-même. Par contre, il était hors de question de remettre en doute la probité et l’honnêteté d’un curé. De même, j’ai quelque peu éludé, par pudeur, les histoires sur l’homosexualité. Mais on jouait au docteur, ça c’est clair…
Non, plutôt un déclencheur. Il a sorti ses premiers tomes avant que je ne raconte cette histoire. Et je me suis dit que si lui osait raconter cela, je ne voyais pas pourquoi je ne ferais pas de même, à ma manière.
Je l’ai relu en vue de la réédition, et il m’a fait rire comme si c’était quelqu’un d’autre qui l’avait écrit. Et puis il faut dire que c’était très transgressif, pour moi en 1981, de dire que je ne croyais plus en Dieu…
Propos échangés avec moi.
Le livre est formidable et il est en vente depuis quelques jours sous une couverture remaquettée par Vincent Solé et Binet.
Rigolote, enjouée en diable et tellement marrante que tu te mets à pleurer tellement c’est drôle : Paracuellos, qui raconte la jeunesse de Gimenez dans les orphelinats de l’Espagne franquiste, a gagné le prix du Patrimoine à Angoulême cette année. Comment, vous ne l’avez pas encore ? Idéal pour taper sur son voisin de chambrée après la séance de torture !

Nous sommes très fier ce ce fauve d’or, meilleur album de l’année hier à Angoulême.
Merci, Riad
