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LAURENT ANDRÉ, auteur notoire de l’excellent

est également responsAble de ce genre de BIDULES…
et vous pouvez en voir d’autres sur…
http://www.myspace.com/schallplatten
Un envoi du talentueux Jean-Louis Lejeune.

En cherchant des infos sur Laurence Parisot pour mon histoire du spécial Stones, je suis tombée sur une vidéo incroyable, encore plus stupide que tout ce que j’aurais pu imaginer.
Au début on croit à un sketch. Mais non, il s’agit bien de la vraie patronne des patrons faisant la promotion du benchmarking au parlement européen, devant le gratin du CAC 40.
Bon, c’est un peu long (12:51) mais à partir de 5:23, c’est Sublime, on atteint le nirvana du grotesque, une farandole d’effets spéciaux et de répliques bien senties qui s’achève dans un final éblouissant.
“DERNIÈRES ÉRUPTIONS
Les explosions de ses colères s’espaçaient, devenaient exceptionnelles. On était grands, les copains et moi, presque adultes, il avait vieilli, l’appartement où nous avions déménagé, et où j’avais enfin une chambre à moi, rendait les occasions d’altercations plus rares.
Lors des longues conversations destinées à refaire le monde dans ma chambre, Didier, toujours nerveux, aimait bien tripoter et manipuler machinalement n’importe quel objet. Ses mains ce jour-là était tombées sur une darbouka, sorte de double tam-tam maghrébin en terre avec une peau tendue que m’avait prêtée je ne sais qui. Et tout en parlant, ses doigts tapotaient l’instrument alors que Léandri père regardait la télé - ou lisait - dans la pièce voisine. Au bout de cinq minutes de tapotipota sur la peau, la porte de ma chambre s’ouvre.
- Didier, arrête avec ton tam-tam, ça m’énerve.
Didier obtempère, pose l’instrument, la porte se referme et nous voilà repartis sur l’exégèse enflammée du dernier disque des Stones. Dans la passion des controverses, ses mains qui explorent l’environnement retombent sur l’instrument au milieu d’une polémique comparative entre Beggar’s banquet et Her Satanic Majesty request. Dans le feu du discours, sans qu’il s’en rende compte, sans que je m’en rende compte, ses doigts recommencent à effleurer la peau, puis à la tapoter en sourdine, d’abord doucement, puis avec plus d’insistance. Et là, peut-être au milieu d’une tentative de traduction de Sympathy for the devil qui focalisait toute notre concentration, la porte de ma chambre ne s’ouvre pas, elle gicle, et mon père surgit, écumant, bavant, les yeux exorbités, les cheveux ébouriffés, fonce sur Didier couinant de terreur, lui arrache l’instrument et sans un mot, le jette de toutes ses forces contre le sol où il se fracasse en mille éclats de terre cuite. Ceci fait, il repasse la porte qu’il ferme dans une détonation de fin du monde, laissant derrière lui mon invité tétanisé, suffoqué, tremblant, passant du blême au verdâtre. J’ai mis beaucoup de temps à le rasséréner, il ne voulait plus sortir de ma chambre, il fallait traverser la salle à manger pour atteindre la porte d’entrée, et donc repasser devant le dangereux malade, il ne voulait pas me croire qu’après la crise, c’était vraiment fini, et que mon père, parfois penaud, en allait même jusqu’à s’excuser…”